Défi-lecture:

DEFINITION DU CONTE MERVEILLEUX
Le merveilleux s’inscrit dans une période à la fois marquée par la grandeur et le faste tout comme par la recherche du raffinement. Le merveilleux prend à parti l’inconscient collectif et s’inspire des récits du temps passé. L’époque s’inscrit dans une volonté de divertissement et d’enchantement qui conduit au féerique et merveilleux. Précisons que le merveilleux n’est possible que dans une telle période historique qui connaît le manque d’explication à de nombreux phénomènes et où les croyances sont vivaces.
Au 17ème siècle l’art du conte monte à Paris où on se prête à un véritable jeu de cours et de salon. On y retrouve les qualités du classicisme et du baroque grâce à une recherche de l’expression juste, des valeurs universelles (courage, loyauté par exemple) dans une esthétique travaillée et symbolique propice à recréer la magie et l’émerveillement. L’expression doit rester claire et simple tout en excitant l’imagination. Le merveilleux est donc propice à un exercice de style neuf et particulier en créant une émulation nouvelle. L’archétype du merveilleux est crée par l’exploitation littéraire d’archétypes nostalgiques et populaires. Nous étudierons uniquement la forme littéraire du conte et non sa forme orale.
Le merveilleux est une acceptation du surnaturel en littérature, et recrée un lieu hors de l’espace et du temps réels, ce qui permet l’émerveillement par l’utilisation de l’ailleurs rêvé. Il crée également un monde manichéen. Il se définit aussi par le pacte féerique. Le lecteur ou l’auditoire accepte de croire à l’univers merveilleux et à ses lois, d’entrer dans un monde second. Les héros sont anonymes, figures plus qu’êtres, et toute créature ou événement est susceptible de se manifester.
Le conte merveilleux est généralement caractérisé par une structure narrative, mise en lumière par les travaux de Propp : un héros et une héroïne, subissant un malheur ou un méfait, doit traverser un certain nombre d’épreuves et de péripéties qui souvent mettent radicalement en cause son statut ou son existence, pour arriver à une nouvelle situation stable. Ce schéma correspond souvent, pour les personnages, au passage de l’enfance à l’âge adulte. La menace est en quelque sorte le fondement du conte, il faut que les personnages soient menacés dans leur existence physique ou morale. Propp repère quelques étapes types du parcours du héros comme la séparation qui équivaut à la nécessité de devenir ; la séparation qui est généralement suivie par une phase d’appauvrissement et/ou d’humiliations puis le combat et la victoire contre « le méchant » et enfin le retour et la récompense propice à l’établissement d’une nouvelle situation.
C’est un genre optimiste, la plupart du temps le conte merveilleux finit bien.
Selon Cailloix (1) « Le conte de fées se déroule dans un monde où l’enchantement va de soi et où la magie est la règle. Le surnaturel n’y est pas épouvantable, il n’y est même pas étonnant, puisqu’il constitue la substance de cet univers, sa loi, son climat. » Le conte merveilleux est donc une forme close où les événements répondent à une toile narrative propice à l’émerveillement ; le merveilleux en lui même fait appel aux traditions de l’auditoire pour exploiter les croyances et sa prégnance aux phénomènes magiques. Le divertissement est le premier objectif du conte par l’entrée dans un monde aux règles particulières.
Selon Bessière<2> « le conte relève d’une attitude magique : afin d’exclure ce qui ruine l’ordre tenu pour naturel, il place cet ordre naturel sous le signe du prodige. <…> Dans le conte de fées, le ‘Il était une fois’ place les événements narrés hors de toute actualité et prévient toute assimilation réaliste. » La fonction divertissante du conte est donc préservée par l’altérité confiée au conte.
<1> Cité par Laufer et Lecherbonnier dans Le conte. P.63
<2> Bessière Le Récit fantastique p.16



Laisser un commentaire

Tournai la Page |
maud99 |
les abeilles |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | poésie et spiritualité
| rio44unblog
| Au travers des mots