Etude des personnages

Lorsque le narrateur est présent comme personnage dans l’histoire qu’il raconte, on le dit avec Gérard Genette homodiégétique. Dans ce cas-là, s’il n’est pas un simple témoin des événements, mais s’il est le héros de son récit, s’il est agent, et donc fortement présent, il peut aussi être appelé narrateur autodiégétique.
Les personnages de ce conte :
• On peut signaler la présence des personnages suivants: 
- La première reine et son fils Riquet
- La deuxième reine et ses filles 
- La fée: elle représente le personnage qui dirige et oriente les autres  protagoniste de l’histoire. Elle a un pouvoir magique. Elle trace le destin des personnages (accorder des dons à tout le monde / priver certains d’être libre…) (pour plus d’informations voir page « exposé2″)
 On commence par l’étude de chaque personnage:
o Riquet :

c’est un prince « si laid et si mal fait, qu’on douta longtemps s’il avait forme humaine »,

« il aurait beaucoup d’esprit », « il pouvait donner autant d’esprit qu’il en aurait à la personne qu’il aimerait le mieux », « il avait dans toutes ses actions je ne sais quoi de si spirituel », « il vint au monde avec une petite houppe aux cheveux sur la tête, ce qui fit qu’on le nomma Riquet à la houppe »
C’est un « petit homme fort laid et fort désagréable ». il est vêtu très magnifiquement. Il est très poli et très galant 
o Sa mère : elle était triste au début
o La deuxième reine : « elle fut si contente… »
o La fille ainée : elle est très belle « elle était plus belle que jour » / elle est triste car « elle na pas d’esprit / elle était stupide aussi» / elle a un pouvoir : rendre beau ou belle la personne qui lui plaira / 
o La fille cadette : elle était extrêmement laide / elle a reçu un don de la fée comme compensation : elle aura de l’esprit / la cadette enlaidissait à vue d’oeil

* La fée: voir « exposé 2″


Un peu d’histoire:)

Typologie des personnages :
La notion de conte implique la présence nécessaire de certains personnages que l’on peut classer :
a) en fonction de leur appartenance sociale et de leur niveau de vie :
- Les riches : les nobles : les rois et les reines,les prince et les princesses, sont les personnages les plus présents, (Griselidis, Peau d’Âne, La Belle au bois dormant, Le maître chat ou le Chat botté, Les Fées, Cendrillon, Riquet à la houppe,) seuls trois contes ne les font pas intervenir ( Les Souhaits ridicules, Le Petit Chaperon rouge, Le Petit Poucet) et autres gentilshommes (Cendrillon) ; les riches roturiers ( La Barbe bleue)
- Les pauvres : les gens du peuple : les villageois (Griselidis, Le Petit Chaperon rouge),les paysans (Peau d’Âne) les bûcherons ( Le petit Poucet, Les souhaits ridicules), les meuniers ( Le Maître chat ou le Chat botté)
b) en fonction de leur apparence physique :
- les beaux : le plus souvent les personnages de contes sont beaux et la beauté n’est pas l’avantage des riches, Le Petit Chaperon rouge,issue d’un milieu modeste est la plus jolie petite fille, tout comme Griselidis, en revanche, Riquet à la Houppe, fils d’une reine est laid.
- les laids : sont plus rares ( Riquet à la houppe et la soeur cadette de sa femme, La Barbe bleue). Le plus souvent sont laids ceux qui sont méchants, tel La Barbe bleue, et même si on n’a pas de portait de l’ogre, on imagine mal qu’il soit beau, mais chez Perrault, les laids sont aussi des gentils tel Riquet à la houppe et les beaux sont aussi des méchants, tel le prince qui épouse Griselidis.
c) en fonction de leur caractère
- les bons : ceux qui supportent toutes les injustices et autres tourments et qui n’en tiennent pas rigueur à leurs bourreaux telle Cendrillon qui pardonne à ses soeur leur mépris ou encore Griselidis qui bien que répudiée, aime toujours son mari ; ceux qui préfèrent renoncer à une vie de faste plutôt que de commettre une faute, telle Peau d’Âne qui fuit le palais paternel pour échapper que son père ne commette l’inceste.
- les méchants : ceux qui ont pour seul objectif de nuire (le loup, La Barbe bleue..)
d) en fonction de l’effet sur le lecteur
- ceux qui inspirent la pitié : victimes de la méchanceté et de la jalousie des autres, les victimes de la fatalité, les mal aimés… mais aussi les parents du Petit Poucet qui sont réduits à abandonner leurs enfants tant ils sont pauvres et qu’ils n’ont pas le courage d’assister, impuissants à la mort de leurs enfants :  » Elle était pauvre mais elle était mère. Cependant ayant considéré quelle douleur ce lui serait de les voir mourir de faim, elle [...] consentit. »
- ceux qui inspirent le dégoût : tant ils sont cruels et méchants, telle la belle-mère de Cendrillon ou encore le mari de Griselidis même si par ailleurs il fait amende honorable et regrette les tourments qu’il a fait subir à sa femme ; la Barbe bleue.
- ceux qui font rêver : les fées, mais aussi les princes et les princesses, tous les personnages qui connaissent une fin heureuse grâce à la rencontre du prince charmant, telle La Belle au bois dormant, tous ceux qui sont dignes d’admiration telle Griselidis, le parangon de la patience et de la vertu, tous ceux qui ont une chance extraordinaire, tel le cadet qui a hérité d’un chat ingénieux qui fait sa fortune, ceux qui concluent un mariage heureux. Qui n’a pas rêvé un jour d’être une princesse et de rencontrer le prince charmant ?
- ceux qui font peur : l’ogre, l’ogresse, mais aussi le loup, et tous les personnages qui sont tellement méchants et injustes, telle la belle-mère de Cendrillon, ou cruels, tel La Barbe bleue, qu’on préfère qu’il restent des personnages de fiction.
Les personnages ne sont pas décrits ( ce qui laisse libre cours à l’imaginaire et laissera toute latitude à Gustave Doré dans ses illustrations), ils sont stylisés et réduits à un caractère physique ou moral dominant. Ainsi le le prince est-il toujours jeune et beau, et quand par hasard il n’est pas conforme au type, tel Riquet à la Houppe, sa laideur est largement compensée par un esprit brillant et à la fin du conte, il rentre dans la norme puisque sa femme use de son don pour le rendre beau. Il en de même des princesses, Peau d’Âne, la Belle au bois dormant sont d’une rare beauté. L’ogre est toujours méchant et affamé ; la belle-mère est toujours méchante et injuste…
Bien plus, ils sont rarement identifiés par un prénom. Dans les contes de Perrault, seuls le père du Petit Poucet, Guillaume, et le bûcheron des Souhaits ridicules, Blaise, ont un prénom, les autres personnages sont le plus souvent anonymes et ils ne sont désignés que par leur fonction, roi, leur métier, bûcheron, meunier, fée, leur parenté,père, mère, fils ou fille de, marraine, soeur, frère ; parfois, c’est un surnom qui individualise le personnage
- un diminutif affectif : : Fanchon, est la fille bien aimée des Fées, Javotte, une des demi-soeur de Cendrillon, Pierrot, le frère aîné du Petit Poucet, le préféré de sa mère.
- un diminutif péjoratif : Cucendron ( obtenu à partir de ce qu’on appellerait aujourd’hui un mot valise : cul + cendre)ou Cendrillon, surnom plus poli donné par la cadette ; Le Petit Poucet, un pléonasme pour insister sur sa débilité physique.
- une antonomase : le personnage est identifié à un accessoire : le petit Chaperon rouge, Peau d’Âne ; à un détail physique, La Barbe bleue ( il est à noter que le plus souvent le personnage de ce conte est désigné sans le déterminant indéfini, contrairement à l’édition originale des contes de Perrault), Riquet à la houppe, le seul personnage doté d’un patronyme ( Riquet) ; à un état, La Belle au bois dormant.
Le choix de l’anonymat, du prénom ou du surnom courant, permet au lecteur, à l’auditeur, de s’identifier plus facilement aux personnages des contes : les rois, les reines et les princes, ne sont en fait que des pères, des mères, des maris, des enfants, ils n’existent pas en tant que réalité sociale, et dés lors ils incarnent les désirs, les joies et les peines de tout à chacun.
Ce sont des personnages hors du commun, pas seulement les fées, les ogres, ou les dieux ( cf Jupiter dans les Souhaits ridicules), qu’ils soient beaux ou laids, bons ou mauvais, riches ou pauvres, puissant ou faibles,ils sont toujours désignés ou par un superlatif : le père de Peau d’Âne est le roi  » le plus grand qui fût sur la terre » ; Griselidis est  » [...] l’objet le plus agréable, / Le plus doux et le plus aimable / Qu’il eût jamais vu sur la terre. »; Le Petit Chaperon est  » une petite fille de Village, la plus jolie qu’on eût su voir » ; Le Petit Poucet est « le plus fin et le plus avisé » ; Cendrillon est « la meilleure personne du monde » ; ou par un adverbe d’intensité : la mère et la fille aînée du conte Les Fées sont  » si désagréables et si orgueilleuse qu’on ne pouvait vivre avec elles ; Barbe bleue est  » si laid et si terrible qu’il n’était ni femme ni fille qui ne s’enfuît de devant lui. » ; ou encore par un comparatif de supériorité : Cendrillon est  » cent fois plus belle que ses soeurs » Aussi sont-ils très éloignés de la réalité de sorte qu’ils sont toujours considérés comme des personnages imaginaires à l’inverse des personnages de roman qui créent un effet de réel.
Les personnages = des fonctions :
La présence d’un personnage dans un conte se justifie par le rôle qu’il joue dans l’intrigue. Si de fait, dans certains contes, la situation initiale met en place un certain nombre de personnages, force est de constater que le plus souvent c’est pour mettre en place le cadre dans lequel l’histoire va se dérouler, ils font partie du  » décor », ils sont simplement cités, tels les frères aînés dans Le maître Chat ou le Chat botté, ou le père de Cendrillon et le récit n’y fera plus référence. Le personnage de conte est un actant et Vladimir Propp le définit ainsi dans La Morphologie des contes :  » Par fonction, nous entendons,l’action d’un personnage définie du point de vue de sa signification dans le déroulement de l’intrigue » Aussi, lorsqu’il n’a plus de rôle à jouer, il disparaît de la narration, tel le père de Peau d’Âne, dont il ne sera plus question dés lors que sa fille quitte son palais pour échapper à l’inceste. Il réapparaît à la fin du conte, pour assister au mariage de sa fille et lui prouver son amour paternel. Il en est de même pour la mère du Petit Chaperon rouge, de Riquet à la houppe, des parents de la Belle au bois dormant, seuls personnages que la jeune fée décide de na pas endormir pour cent ans.
En conséquence, les personnages qui retiennent l’intérêt dans un conte sont peu nombreux. Par exemple sur les dix-huit personnages, au moins, évoqués dans Le Petit Poucet ( le bûcheron, sa femme et leur sept enfants, l’ogre, sa femme et leur sept filles, sans compter le roi), seul cinq, jouent un rôle : les parents du Petit Poucet, l’ogre et sa femme, le Petit Poucet, et à la fin, il ne reste plus que le Petit Poucet, ses parents et l’ogre ont quitté la scène ; rien sur les six autres frères, ni sur les sept filles de l’ogre, qui n’apparaissent que pour mourir.
Les différentes fonctions sont limitées et récurrentes d’un conte à l’autre, seuls changent, éventuellement les noms ( roi, reine, prince, princesse, se retrouvent dans la plupart des contes de fées) et les circonstances. Chaque conte donne donc l’impression de  » déjà lu ».
Vladimir Propp propose cinq types de fonctions :
- le héros : celui qui concentre toutes les attentions et vers qui sont dirigées toutes les actions, le plus souvent, il s’agit du personnage éponyme.
- le mandateur : il s’agit d’un personnage qui charge le héros d’une mission, par exemple, porter une galette et un petit pot de beurre à sa grand-mère, ou d’un personnage à qui il manque quelque chose, par exemple, le père de Peau d’Âne est en quête d’une femme.
- l’agresseur, le méchant : son rôle est de perturber la vie tranquille du héros, telle la belle-mère de Cendrillon, ou le loup que rencontre le Petit Chaperon rouge…
REMARQUE : parfois, un même personnage est à la fois le mandateur et l’agresseur, tel le père de Peau d’Âne.
- le donateur, ou le pourvoyeur : c’est celui qui aide le héros ( l’adjuvant), en lui procurant un objet magique, non sans le mettre à l’épreuve auparavant, telle la marraine de Peau d’Âne qui lui donne sa baguette magique mais qui lui impose de fuir et de subir le sort d’une servante.
- le faux héros : c’est le personnage qui usurpe les mérites du héros, ou qui feint d’être le héros, par exemple, dans Le Maître Chat ou le Chat botté, c’est le chat qui est le héros mais c’est son maître qui passe pour méritant aux yeux du roi.
Toutes les fonctions ne sont pas obligatoirement présentes dans un conte, et l’absence de tel ou tel induit une issue particulière. Ainsi dans les Souhaits Ridicules, il n’y a pas d’agresseur, c’est le héros lui-même qui est l’instrument de sa perte, et l’effet du donateur est anéanti ; dans Le Petit Chaperon rouge, il n’y a pas de donateur pour aider la fillette à vaincre son agresseur, agresseur qui n’est pas démasqué et qui a raison de sa victime. En revanche, dans Les fées, il n’y a pas d’agresseur, mais le donateur, ( la fée) démasque le faux héros ( l’aînée qui feint d’être aimable, comme sa soeur l’avait été naturellement).
On peut envisager une autre classification des fonctions des personnages en prenant les éléments constitutifs d’un schéma actantiel, classification qui n’est pas contradictoire avec la précédente :
- le sujet : par exemple, Cendrillon ;
- l’objet de la quête: (aller au bal), le prince charmant
- l’adjuvant : la fée
- l’opposant : ses demi-soeurs, sa belle-mère
- le destinateur : celui qui est à l’origine de la quête du héros, par exemple, le père de Peau d’Âne; le mépris de la marâtre…
- le destinataire : le personnage pour qui le héros agit, par exemple, la grand-mère du Petit Chaperon rouge ; le maître du Chat botté
Enfin, si on prend pour référence les étapes d’un schéma narratif, on peut se permettre les équivalences suivantes :
- le perturbateur = l’agresseur
- l’élément équilibrant = le donateurLes fées
Les fées sont des personnages récurrents de la littérature du Moyen-Âge, parmi les plus connues, La fée Morgane, sa soeur la fée Viviane et leur nièce la fée Mélusine et des contes en général,( que l’on appelle d’ailleurs « contes de fées ») on connaît surtout la fée Clochette de Peter Pan et la fée Carabosse qui désigne la fée maléfique, telle celle de La belle au bois dormant, baptisée ainsi bien après Perrault. Ces êtres surnaturels ont en quelque sorte remplacé les déesses de l’antiquité, en tout cas, elles ont gardé leurs pouvoirs et leur ascendant sur les hommes.
Dans les Contes de Perrault, sur les 11 contes, 5 seulement mettent en scène des Fées ( Peau d’Âne, La Belle au bois dormant, Les Fées, Cendrillon et Riquet à la houppe) et un conte met en scène un Dieu, Jupiter, Les Souhaits ridicules. Sur les 12 fées qui interviennent ( dans le conte Les fées, le titre au pluriel n’est pas justifié puisque c’est une seule et même fée qui prend des aspects différents), aucune n’ a un nom (La réécriture en prose de Peau d’Âne,donne un nom à la fée : « la fée des Lilas ») et une seule est maléfique, la huitième fée qui s’invite au baptême de la princesse de La belle au bois dormant. Ce choix invite à penser que Perrault voulait davantage que les fées engendrent le rêve plutôt que la crainte.
REMARQUE : les fées pouvant prendre n’importe quelle apparence, certains objets sont  » fées », telles les bottes de sept lieues de l’ogre qui non seulement permettent d’aller très vite mais qui de plus s’adaptent au pied de celui qui les chausse ou encore la clef du cabinet maudit de La barbe bleue, qui garde des trace de sang indélébiles, preuves de la curiosité de la jeune princesse.
Ce sont des personnages merveilleux en raison de :
- leurs accessoires extraordinaires : outre la baguette magique indispensable pour accomplir des « métamorphoses », la jeune fée arrive auprès de la princesse de la princesse qui vient de se blesser  » dans un chariot tout de feu, traîné par des dragons » ; elles peuvent se transformer telle celle du conte Les fées qui prend deux aspects différents selon qu’elle apparaît à l’une ou à l’autre.
- de leurs pouvoirs surnaturels: – elles ont le pouvoir de métamorphoser : tantôt elles mêmes telle celle du conte Les fées qui prend deux aspects différents selon qu’elle apparaît à l’une ou à l’autre des deux soeurs, tantôt ce qu’elles touchent avec leur baguette magique. Ainsi la citrouille devient carrosse, les souris des chevaux, le rat un cocher, les haillons de riches vêtements, les lézards des laquais. Il est à noter que ces métamorphoses spontanées et totales respectent le principe analogique que l’on peut observer dans Les Métamorphoses d’Ovide : la métamorphose garde un aspect de l’objet ou de l’animal métamorphosé : les chevaux sont gris, comme les souris, la coupe de l »habit des laquais rappelle la queue des lézards, la forme du carrosse rappelle la rondeur de la citrouille.
- donner des dons, dés lors ce sont des marraines idéales : la Belle au bois dormant en a 7 (+1) et chacune lui offre un don ( la beauté, la musique, le chant, l’intelligence, la grâce, la danse)
- elles accomplissent des prouesses, par exemple la plus jeune des fées qui avait assisté au baptême de la Belle au bois dormant, elle se présente au château dans l’heure qui suit l’accident survenu à la jeune princesse bien qu’elle habite  » à douze mille lieues de là » ; elles ne peuvent pas d’arrêter le temps mais elle peuvent mettre en léthargie tout le personnel d’un château pendant cent ans.
- elles gouvernent, infléchissent ou corrigent les destinées humaines. Ainsi, Riquet à la houppe est laid,mais il pourra donner de l’esprit à qui il voudra ; La benjamine des fées de La Belle au bois dormant, à défaut d’infléchir les prédictions de son aînée, » je n’ai pas assez de puissance pour défaire entièrement ce que mon ancienne a fait », elle les corrige :  » mais au lieu de mourir, elle tombera seulement dans un profond sommeil… »
- elles prédisent l’avenir, ainsi celle qui est présente à la naissance de Riquet à la houppe et qui assure  » qu’il ne laisserait pas d’être aimable, parce qu’il aurait beaucoup d’esprit. »
- elles récompensent ou punissent, comme l’illustre le conte Les fées : l’une des soeurs est récompensée pour sa bienveillance et sa cordialité, l’autre au contraire est punie par la même fée.
Les fées sont respectées et honorées : le père de la Belle leur offre à chacune  » un étui d’or massif, où il y avait une cuiller, une fourchette, et un couteau de fin or, garni de diamants et de rubis. » Et dés lors qu’on leur manque de respect, la sentence est immédiate, la huitième fée, qui avait été oublié parce qu’on la croyait morte, et pour laquelle il n’est pas prévu de présent, se venge en prédisant la mort de la princesse. De même l’aînée des Fées paiera cher son orgueil et son manque de courtoisie à l’égard de la fée qui lui demande à boire.
Les fées sont très humanisées : elles éprouvent les même sentiments que les humains : la colère ( La Belle au bois dormant); l’ humiliation ( La belle au bois dormant, Les Fées) ; la vengeance ( La belle au bois dormant, Les fées) ; la reconnaissance ( Les Fées) ; elles ont les mêmes qualités et les mêmes défauts que les humains, même s’il est vrai que les fées ont souvent plus de qualités que de défauts : la bonté ( La belle au bois dormant ; Les fées), la bonne marraine de Peau d’Âne donne même à sa filleule sa baguette magique qui lui permettra tantôt de dissimuler sous terre la malle remplie de ses vêtements et de ses bijoux tantôt de la faire apparaître et de l’ouvrir.; la méchanceté (La belle au bois dormant).
Elles ne sont pas infaillibles, la marraine de Peau d’Âne se méprend à quatre reprises dans les conseils qu’elle prodigue, elle ne connaît pas vraiment la puissance de la passion :  » Cette fée était bien savante, / Et cependant elle ignorait encor / Que l’amour violent pourvu qu’on le contente, / Compte pour rien l’argent et l’or » et seule la fuite de Peau d’Âne empêche le père de commettre son crime. De plus, leurs pouvoirs sont limités. La jeune princesse convoquée au baptême de la Belle au bois dormant, bien qu’ayant anticipé sur les mauvaises intentions de la vieille fée, ne peut annuler le maléfice prononcé mais seulement l’atténuer. Est-ce à dire qu’il existe une hiérarchie chez les fées et qu’elles sont elles aussi soumises au droit d’aînesse en vigueur au dix-septième siècle ?
Bien plus, leurs pouvoirs sont énigmatiques . En effet, la fée qui préside à la naissance de Riquet à la houppe, est la même que celle qui préside à celle de la cadette du même conte, mais alors qu’elle a fait don au jeune prince, pour compenser sa laideur  » le don de donner autant d’esprit qu’il en aurait à la personne qu’il aimerait le mieux », elle prétend qu’elle ne peut  » rien [...] du côté de l’esprit [...] mais tout du côté de la beauté ». Le conteur la fait-il mentir pour servir son intrigue ou ses pouvoirs sont-ils  » à usage unique » ?
Les fées ont aussi un rôle moral ou éducatif. Par exemple, telle fée rassure la mère de Riquet à la houppe sur son avenir et atténue ainsi sa déception maternelle devant un enfant aussi laid, en revanche, cette même fée modère l’orgueil et l’admiration de la future belle-mère de Riquet à la houppe, en lui annonçant que sa fille  » n’aurait point d’esprit ». La marraine de Cendrillon lui rappelle les vertus de l’obéissance en lui expliquant que les métamorphoses qu’elle a opérées sont limitées. Cendrillon fera l’expérience des conséquences négatives de la désobéissance, même si par ailleurs les conséquences à long terme sont positives La marraine de la Belle au bois dormant est une confidente attentive qui met tout en oeuvre pour que sa filleule échappe au désir incestueux de son père.
Elles mettent à l’épreuve les personnages. Ainsi, la fée des Fées se cache sous les aspects d’une vieille femme ou d’une femme très élégante pour ne pas éveiller les soupçons des jeunes filles et ainsi s’assurer de leur probité ou au contraire de leur malhonnêteté, en conséquence de quoi l’une est récompensée et l’autre est punie.

 



5 commentaires

  1. amira 25 mars

    trés bien

  2. amira 26 mars

    ou est l’etude de perqsonnage ?

  3. amira 27 mars

    meci

  4. riadh 28 mars

    trés bien

  5. ameni 11 avril

    oui c’est bien merci

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