Exposé (5): La beauté (Travail élaboré par Hafsi Montasar)

1- LA BEAUTÉ
1-1. DEFINITION
Le beau ou la beauté est une notion abstraite liée à de nombreux aspects de l’existence humaine. Ce concept est étudié principalement par la discipline philosophique de l’esthétique mais il est également abordé en partie par d’autres domaines (histoire, sociologie, psychologie).
Le beau est communément défini comme la caractéristique d’une chose qui au travers d’une expérience sensorielle (perception) procure une sensation de plaisir ou un sentiment de satisfaction ; en ce sens, la beauté provient par exemple de manifestations telles que la forme, l’aspect visuel, le mouvement le son.
2. LA BEAUTE EN HIER :

2-1. La beauté d’après les philosophies
Depuis l’antiquité les philosophes s’accordent pour penser que tout ce qui existe possède une identité, une apparence, une réalité, et que celle-ci est soumise nécessairement au concept du beau. Tout être peut être qualifié de beau ou de laid avec toutes les nuances intermédiaires possibles.
Le philosophe Karl Jaspers, qui après la seconde guerre mondiale tenta, en tant que psychiatre, de trouver un sens à cette atrocité que fut la guerre, fut également amené à réfléchir sur le concept du beau. Selon lui, le beau s’applique en fait sur deux dualités différentes : celle être primaire (matière morte) contre être complexe (individu), puis sur la dualité naturelle du fond contre la forme.
- Pour la première dualité, on peut résumer en disant, simplement, que le beau des êtres simples (décors, paysages) s’appelle l’ambiance, l’atmosphère qu’ils dégagent. Quant à la beauté d’un être complexe comme par exemple un être humain, elle se nomme sa personnalité. Un individu contrairement à un décor inerte est un générateur autonome de sens, il génère sa propre ambiance, et on la nomme en effet la personnalité. Cette personnalité est le charme, la saveur de la personne. Il s’agit presque de sa façon d’être, de sa logique d’existence.
- Quant à la seconde dualité sur laquelle peut s’appliquer le concept du beau, Jaspers dit qu’il s’agit de la dualité du fond et de la forme. Le beau du fond, c’est-à-dire de l’essence de l’être touche à la saveur et il s’agit de celle décrite à l’instant et dans laquelle pouvait s’inscrire la première dualité être simple contre être complexe. La saveur est donc, pour Jaspers, le mot clé pour décrire le fond d’un être, et cette saveur est forcément soumis au beau. Quant à la beauté de la forme, simplement, il s’agit de l’esthétisme. Un objet peut être esthétique par son apparence, donc par sa forme.
En revanche, en ce qui concerne la douleur et du plaisir, s’agissant de sensations les philosophes s’accordent pour considérer qu’elles ne touchent plus au beau mais seulement au plaisir physique et à la douleur corporelle.
De plus, Kant a dit que le beau est l’expression du bon, du bien. Pour les individus complexes comme les hommes, il est en effet vrai qu’un être bon sera souvent beau car il sera sain, alors que les pervers en vivant dans la noirceur se détruisent et deviennent inévitablement malsains et donc laids intérieurement. Le beau est donc comme le disait Kant bel et bien lié au bien. Le beau et le bien ne sont ainsi qu’une expression de la Vie, d’un être qui choisit d’aller dans le sens de la Vie.
De nos jours la psychiatrie fait intervenir le concept de beauté dans la vie psychique : simplement le beau rend heureux. La beauté des ambiances notamment illumine l’âme, donne de l’énergie, cela revient en quelque sorte à vivre dans une sorte de paradis. Pour être heureux il faut commencer par vivre dans un nid douillet, or le beau apporte cette douceur, l’extérieur ne nous agresse plus. A l’inverse nombre de dépressifs voient les choses en noirs, leur monde est laid, en conséquence, encore une fois, si le beau rend heureux, la laideur (extérieure) rend, elle, malheureux.
2-2. La beauté chez les grecs :

Chez les grecs, la beauté est liée à l’idée d’équilibre, d’harmonie mathématique entre le tout et ses parties. Ici, une copie du Diadumène de Polyclète, v. 100 av. J.-C., Musée national archéologique d’Athènes
La distinction entre ce qui est beau et ce qui ne l’est pas varie suivant les époques et les individus. Ce que l’on entend même par sentiment du beau diffère selon les penseurs et bien des cultures n’ont pas de mot qui corresponde exactement au beau du français actuel.
Dans l’Hippias majeur, Socrate demande ce qu’est le beau. Une réponse d’Hippias est : « une belle vierge, voilà ce qu’est le beau ». Contre cette affirmation, Socrate fait valoir qu’il existe aussi de belles juments et de belles lyres. La diversité des beaux objets semble décourager l’analyse de la beauté en soi, et, de fait, ce dialogue de Platon se termine par une aporie : aucune définition satisfaisante du beau n’est trouvée.
Par ailleurs, des personnes différentes n’ont pas le même jugement sur le même objet. David Hume, le premier, prend véritablement en compte cette donnée : « La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente ». Toutefois, cette approche ne conduit pas nécessairement à un relativisme absolu, Hume lui-même évoque l’éducation et l’unité de la nature humaine pour justifier un certain consensus qui semble régner sur les beaux objets.
Par ailleurs, souligner le rôle de l’individu dans le jugement de goût ne revient pas à définir la beauté. Hume donc doit également donner une définition de la beauté. Pour lui l’idée de beauté est une projection du plaisir que produit un objet. Il écrit en effet : « le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur, ils en sont l’essence même ». Cette définition toutefois n’est pas universellement acceptée. Kant, dans la Critique de la faculté de juger (1790), dissocie vigoureusement l’idée de beauté et la sensation de plaisir. Pour Kant, la beauté est une « satisfaction désintéressée », aucun intérêt pour l’existence de l’œuvre ne doit rentrer en compte dans le jugement de goût. De plus il souligne qu’il y a dans tout jugement de goût une prétention à l’universalité. Elle n’est simplement pas démontrable : « Est beau ce qui plaît universellement sans concept.

Hafsi Montasar
(élève du collège pilote Ibn Rochd Kasserine)



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